Épingler les papillons

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Cet été, j’ai lu, une fois encore, Le cœur cousu, roman enchanteur de Carole Martinez, dont chaque lecture me conduit inexorablement à broder sitôt que je le referme. Ce roman m’a été offert par une amie, il y a quelques années, maintenant, et je la remercie pour ce cadeau qui me réjouit encore. Je l’ai lu plusieurs fois, comme tous les livres que j’affectionne. Sa poésie et le merveilleux qui le traverse en filigrane composent, pour mon iconographie personnelle, des images magnifiques.

La tête pleine de ces images et d’idées sans destination précise, mon choix s’est arrêté sur la vision d’une farandole de papillons, que je voulais broder pendant les vacances. Ne sachant encore quel vêtement ils orneraient et n’ayant pas le temps de coudre avant de partir, j’ai décidé de les broder sur une toile de coton et d’en faire des patches qui seraient ensuite fixés sur le vêtement. Tout en les brodant, j’ai décidé de les appliquer sur le bas d’une grande jupe noire, ample et froncée, à coudre en rentrant.

Mon cercle à broder et moi avons pris place sur la terrasse du gîte, tout près du massif de lavande, où butinaient des dizaines d’abeilles, de sphinx-colibri et de papillons. Bien des papillons ont manqué de s’embrocher sur mon aiguille, comme celui que Frasquita a épinglé sur sa boîte, mais je n’ai finalement  piqué que les papillons brodés.

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Forte activité dans le massif de lavande

Trois papillons de formes et de couleurs différentes me semblaient suffisants pour ne pas transformer la jupe en volière et que, tel le papillon de l’éventail de Frasquita, ils ne s’envolent pas par delà les montagnes. C’était l’occasion d’utiliser des fils de soie à broder que j’avais à ma disposition, dans les tons bleus et verts. La soie est plus brillante que le fil de coton que j’utilise d’habitude mais est aussi plus fragile. Cependant, je n’ai pas l’intention de faire bouillir la jupe sur laquelle ils sont cousus, ils devraient donc garder leur éclat plus longtemps que la jupe elle-même, qui est faite dans un coton très fragile que je trouve pourtant très joli.

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Les papillons épinglés ne pourront pas s’envoler !

 

 

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All is full of love

L’anniversaire surprise de ma cousine m’a posé mille interrogations quant au cadeau que je lui offrirai. Les idées ne manquaient pas mais il m’a fallu du temps pour me décider et en conséquence, il m’en est resté d’autant moins pour réaliser le projet qui, entre temps, avait éclos au milieu de ses congénères et retenu mon attention par ses petits gazouillements pressants.

D’une part, entrent en lice des photos de famille que j’avais envie de mettre en parallèle. L’une, de nos arrière-grands-parents communs. L’autre, que nous avons faite en mai dernier, pour inscrire notre rencontre dans la continuité de nos aïeux.

D’autre part, des projets de pâte polymère ne demandaient qu’à être mis en œuvre. Je ne me souviens pas d’où cela m’est venu, mais j’ai eu l’impérieux besoin de réaliser – ou du moins d’essayer – des éléments inspirés des tablettes en ivoire médiéval.

Naturellement, les photos et la pâte polymère se sont combinées pour former un livre-cadre photographique inspiré des ivoires médiévaux.

Partie simple et rapide du projet, les photographies ont été traitées, imprimées et montées dans de petits passe-partout.

Moins simple a été l’élaboration des plats en pâte polymère. J’ai longtemps hésité sur la forme que revêtirait l’objet définitif, mais j’en avais rapidement défini la taille, afin de faire imprimer les photographies suffisamment à l’avance.

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L’imitation de l’ivoire et l’élaboration des motifs des plats ont ensuite été les principales missions du projet. La plupart des tutoriels trouvés sur internet proposent la même  méthode d’imitation de l’ivoire. La question la plus difficile à résoudre pour cette tâche était celle de la teinte, n’ayant pas d’ivoire sous la main et ne pouvant donc pas faire de comparaisons. Je ne voulais pas obtenir une pâte trop sombre après cuisson, qui fasse manquer le rendu de subtilité. J’ai utilisé une pâte à peine colorée (elle fonce toujours à la cuisson), et je l’ai travaillée comme les tutoriels le montraient. J’aurais pu jaunir un peu plus la teinte et pousser un peu le façonnage de mon bloc de pâte pour affiner un peu l’effet, car les rayures me font penser aux veines du bois plus qu’à celles de l’ivoire.

Les iconographies des ivoires médiévaux et les goûts de la destinataire de l’objet m’ont tout naturellement dirigée vers le choix d’une représentation religieuse pour le plat supérieur. Je modelage_rectone voulais pas me lancer dans une tentative d’imitation des registres très détaillés et foisonnants des ivoires médiévaux (au risque de me retrouver avec un amas informe de bonhommes-têtard). J’ai alors opté pour une version simplifiée et envisagé un simple bas relief sur une partie du plat. Après une étude iconographique de nombreuses représentations du thème, j’ai choisi de représenter une Vierge à l’Enfant. J’ai utilisé des restes de pâte pour réaliser le modelage. Les couleurs de cette pâte « brouillon » rendent moins lisibles les reliefs, il aurait mieux valu utiliser une pâte uniforme. Le modelage a ensuite été cuit pour être prêt pour l’étape suivante.

Pour le plat inférieur, j’ai choisi une iconographie toute familiale. La grand-mère de ma cousine se prénomme Rose et notre arrière-grand-mère commune Marguerite. Elles sont toutes deux représentées sur la photographie qui est fixée au plat inférieur (la photographie de droite lorsqu’on ouvre l’ensemble). Il coulait de source de représenter ces deux fleurs sur le plat inférieur. J’ai modelé l’ensemble dans une pâte plus uniforme, puis l’ai fait cuire pour utiliser la plaque pour le moulage.

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Il était nécessaire de réaliser les modelages à part et d’en faire une empreinte qui servirait ensuite de moule pour la pâte « ivoire ». Un modelage fait directement avemoule_modelage_rectoc cette pâte n’aurait pas permis, en raison de la nature molle du matériau, de conserver telles quelles les lignes du bloc. Le moulage, quant à lui, le permettait. Le modelage de la Vierge à l’Enfant a été moulé avec de la pâte polymère talquée. Le procédé fonctionne assez bien, mais le modelé se trouve très adouci par le moulage qui ne reproduit pas tous les détails.

J’ai donc choisi de mouler le second reliemoule_modelage_versof avec de la pâte silicone, pensant que le rendu serait plus fidèle. Sa mise en œuvre est aisée mais, là aussi, le relief a été simplifié. Je ne m’y suis peut-être pas prise correctement, car c’était la première fois que j’utilisais cette pâte. Le contact entre la pâte et la partie à mouler n’a peut-être pas été suffisant. Je ferai d’autres essais pour dompter le matériau. Les reliefs de la rose ne sont pas satisfaisants, très peu détaillés et les gravures sur les pétales de la marguerite ne se voient presque pas. Le résultat final est beaucoup plus discret que sur les modelages initiaux. Pour finir, j’ai collé les passe-partout sur l’intérieur des plats, une charnière insérée entre les deux afin de pouvoir ouvrir l’ensemble comme un livre. Les tranches ont été dorées avec de la peinture acrylique afin de rappeler un livre. Lorsqu’on l’ouvre, les deux photographies apparaissent côte à côte, six personnes de chaque côté, séparées par quelques générations.

Flower power

Les vacances m’ont laissé un peu de temps pour explorer l’utilisation de fils colorés pour réaliser des fleurs au crochet. Les modèles sont issus des ouvrages de dentelle irlandaise dont je dispose. Le nénuphar et le chrysanthème (qui ressemble plutôt à une anémone) sont des modèles de Madame Hardouin, la fleur rouge provient de « Crochet irlandais – 128 modèles originaux ».

Les fleurs sont destinées à être montées en broches. Le nénuphar est assez gros, il sera joli sur une écharpe en laine ou un manteau. La fleur rouge a été adoptée par sa propriétaire. Je ne parviens pas à déterminer si le chrysanthème-anémone aura un bel effet.

Je suis assez satisfaite du rendu de ces fleurs. Le fil est du Cebelia n°30, crocheté avec un crochet 1,25. Je n’ai pas utilisé plus de deux couleurs pour chaque fleur, pour éviter de glisser vers le kitsch, ce qui est, avec le crochet, assez facile.

 

fleurs-crochet

Col marin en guipure irlandaise

NI col guipure détail 3

Depuis mes débuts  en crochet, je nourrissais le projet de réaliser, un jour, un col en guipure irlandaise, c’est-à-dire une dentelle fine au crochet, composée de motifs et d’arceaux avec picots.

Depuis deux ou trois ans, je procrastinais, ne sachant comment m’y prendre pour le réaliser. Une discussion avec une cousine de ma mère et l’acquisition, grâce à elle, de la documentation adaptée m’ont décidée à retrousser mes manches et m’armer de mon crochet. Je ne pouvais faire autrement que sortir mon cordonnet spécial DMC n° 40 et mon crochet 1 mm. J’ai pioché les motifs dans les albums de guipure d’Irlande de Madame Hardouin et dans le livre 128 motifs au crochet. Ce dernier propose de nombreux motifs en commun avec les albums cités précédemment, mais il a l’avantage d’en donner les diagrammes. J’avais pour habitude de faire avec les explications textuelles de Madame Hardouin, mais les diagrammes sont tout de même agréables d’utilisation.

Évidemment, je n’ai pas suivi le modèle proposé dans mon ouvrage de référence, mais ai composé un patron adapté à une blouse cousue spécialement pour cet usage. J’ai crocheté motif après motif, jusqu’à ce que j’estime que leur nombre était suffisant. J’aurais pu prendre un fil plus fin pour obtenir de plus petits motifs et plus de finesse dans le résultat. Cependant, pour un premier essai, j’en suis assez satisfaite.

Une fois les motifs crochetés, je les ai disposés sur la toile où le patron avait été reporté et une chainette placée pour réaliser la bordure. Les motifs ont été cousus sur la toile avant d’être reliés par les arceaux, formant le réseau.

Irish crochet
Motifs placés sur la toile

Une fois le remplissage effectué, la bordure crochetée, j’ai défait les points de bâti, pour enfin découvrir le résultat final. Le voici, placé sur la blouse, et en détails.

Col en dentelle

Avant de reprendre le travail, j’ai « précipitamment » crocheté un petit col pour ma filleule ou sa grande sœur, d’après un modèle glané sur internet.

Le tour de cou fait une trentaine de centimètres, le fil utilisé est du cordonnet spécial DMC n°40, et un crochet de 1 mm.

 

NI col dentelle crochet

Broder, broder et encore broder

A l’issue d’une soixantaine d’heures de travail acharné, j’ai réussi à terminer à temps la broderie des draps que je destinais à offrir à ma sœur pour Nöel.

Les taies d’oreiller ont été brodées pour son anniversaire et la housse de couette a été brodée pour Noël. Évidemment, les motifs et les couleurs sont d’inspiration russe. Bien que placés sur un fond blanc, ils rappellent le style Khokhloma, où des fraises ou des framboises et des entrelacs végétaux, verts rouges, noirs et or prennent place sur des objets de bois peints en noir. Ce projet de broderie fait suite au bracelet réalisé l’an dernier, dont l’inspiration est la même.

NI draps brodés russes

La motif ci-dessous est placé dans la partie centrale supérieure de la housse. Il mesure une soixantaine de centimètres de longueur.

NI draps brodés russes détails

Headbands

L’arc-en-ciel, c’est aussi dans les cheveux.  J’ai une jolie collection de barrettes, pinces, et autres merveilles, surtout à base de strass et de couleurs vives, acquises petit à petit. J’ai aussi une ribambelle de fleurs en tissu, jamais assez nombreuses, évidemment. Et des headbands.

Les headbands en tissu, d’abord. Les tissus japonais, les vichys, les pois, et ma réserve de tissu n’a pas fini d’alimenter ma collection. Ceux-là sont parfaits pour des coiffures façon fifties ou sixties.

NI headband tissu japonais japanese fabric NI headband rouge pois fifties sixties red dots NI headband vichy turquoise fifties sixties

Les headbands bijoux ensuite. Plus discrets, quoique…  J’aime beaucoup celui-ci, avec le petit côté antique des éléments métalliques.

NI headband bijou metal

Les headbands à fleurs, pour des coiffures de jeune fille sage et champêtre. J’aime beaucoup celui-ci, avec ses discrets boutons de roses couleur champagne, sur un ruban de coton crocheté couleur bronze.

NI headband boutons de roses rosebuds

Et les headbands réalisés à partir de galons, plus ou moins sobres, tous différents, et qui me permettent d’agrémenter tout un tas de chignons. Certains sont disponibles sur la boutique Niji Iro.

NI headbands